Le petit capricorne

Le petit capricorne

Je vous propose un focus sur un insecte surprenant à la bien mauvaise réputation : le petit capricorne.

Le petit capricorne (Cerambyx scopolii) est un coléoptère qui appartient à la famille des cérambycidés. Il existe en France quatre espèces du genre Cerambyx. Le plus connu est sans aucun doute le grand capricorne que l’on confond d’ailleurs souvent avec notre sujet. Cependant le grand capricorne, bien plus imposant, a des mœurs nocturnes alors que le petit évolue en pleine journée, aux périodes les plus ensoleillées. La taille surdimensionnée des antennes des représentants de cette famille leur doit le surnom de longicornes. D’ailleurs, côté antennes, le petit capricorne n’est pas en reste : avec près de 4 centimètres de long, elles dépassent allégrement les 3 centimètres du corps de l’insecte adulte.

deux capricornes la tête en bas

Comment identifier le petit capricorne ?

L’identification demeure assez facile : la tête, le thorax et l’abdomen portent uniformément la même couleur noir mat. La bête possède des mandibules en forme de sécateur assez impressionnantes. Ses élytres, semblables à une cuirasse granuleuse, protègent une paire d’ailes membraneuses. Ces dernières permettent au petit capricorne de se déplacer en volant. Le vol, bruyant et quelque peu pataud, donne tout de même la possibilité à l’animal d’effectuer de courts trajets pour chercher partenaire ou nourriture. Adulte, il se délecte de pollen de fleurs de sureau, de lilas, d’aubépine ou bien d’ombellifères. Ce n’est donc pas à l’état imaginal qu’il faut chercher sa réputation de destructeur xylophage.

quatres capricornes sur des fleures jaunes

Pourquoi est-il considéré comme nuisible ?

Les problèmes posés par cet insecte viennent de ses stades larvaires. En effet, la femelle pond ses œufs à même l’écorce des arbres (tilleuls, charmes, noisetiers, chênes, hêtres, ormes, saules, y compris des fruitiers tels que pommiers, cerisiers ou bien pruniers… l’espèce n’est guère difficile quant à l’essence). Dès l’éclosion, les jeunes larves, xylophages et affamées, s’enfouissent dans l’aubier de l’arbre pour y creuser des galeries qui peuvent occasionner de sérieux dégâts lorsqu’elles sont trop abondantes. Le cas échéant, une charpente non traitée peut aussi faire office de gîte. Le stade larvaire a la particularité de durer plusieurs années, cela laisse le temps à l’insecte de creuser plusieurs mètres de tunnels… Le stade nymphal, qui précède la transformation adulte, se déroule dans une sorte de cocon obturé par une paroi de calcaire produite par l’animal.

un petit capricorne sur un épi

Quand observer le petit capricorne ?

Observer le petit capricorne : les premiers adultes apparaissent dès le mois d’avril et il est possible de croiser des imagos jusqu’à la fin du mois de juillet. De par sa large répartition et son activité diurne, le petit capricorne s’observe couramment. Mais c’est tout de même dans les zones boisées qu’il faut vous promener pour augmenter vos chances de rencontre. Avec une nette préférence pour les forêts de feuillus, ce coléoptère s’active aux heures les plus chaudes de la journée. Dans ces conditions d’observation, il est possible de le voir voler antennes dressées et élytres relevés.

une petit capricone les ailes déployés près à s'envoler

Je trouve personnellement que c’est lors de ces déplacements aériens qu’il est le plus simple de remarquer sa présence. De plus, sachez que ce gourmand de pollen visite de nombreuses plantes en quête de nourriture. J’ai remarqué que l’animal semble particulièrement intéressé par les fleurs blanches. Sureaux, ombellifères, aubépines et lilas possèdent cette même distinction de couleur. Il convient donc d’être attentif à ce type de végétaux.

deux capricornes perché au bout d'une branche

Conseils pour photographier le petit capricorne :

Photographier le petit capricorne : en règle générale, les coléoptères sont des insectes difficiles à valoriser lors des prises de vue. D’une part, leur corps, trapu, les rend moins photogéniques que les papillons ou les libellules et d’autre part, leurs élytres ont la fâcheuse tendance à provoquer des reflets disgracieux. Le petit capricorne possède pourtant un sérieux atout pour le macro-photographe : ses antennes surdimensionnées apportent beaucoup de dynamique aux images. Sachez en tirer parti lors de vos compositions. En outre, élément non négligeable à prendre en compte : l’animal n’est guère craintif à l’approche de l’homme. Vous avez donc la possibilité de tourner autour de votre sujet pour choisir le meilleur angle de prise de vue. Soyez attentif à l’arrière plan et jouez avec les lumières et/ou les couleurs de l’environnement de l’insecte pour sublimer vos photographies.

 

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2 Commentaires

  1. Florence_Ba
    22 janvier 2014 at 21 h 19 min

    Impressionnée par la qualité de toutes les photos .. une merveille cet article et je crois que je vais travailler le sujet si je tombe dessus !!!
    BRAVO !


  2. Tom
    23 janvier 2014 at 16 h 58 min

    Ah oui superbe reportage et ces photos un régal


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