La salamandre tachetée

La salamandre tachetée

Certains d’entre vous m’ont signalé sur mes posts de salamandre que soit, ils n’en avaient pas vu de puis plusieurs années, soit, ils n’en avaient jamais rencontré… Je vous propose donc un nouvel article portant sur ce petit amphibien de nos forêts.

 

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Étrange animal que cette petite bête d’une vingtaine de centimètres semblant provenir d’un autre âge, à la peau luisante et à la robe noire et jaune. La singularité de sa parure facilite l’identification qui ne laisse aucun doute.

Pour les passionnés de Nature que nous sommes, chaque rencontre avec une salamandre reste toujours un plaisir. Il faut dire que les occasions de croiser l’animal sont assez rares. De mœurs nocturnes, Madame a choisi la forêt comme royaume. Ajoutez à cela une nette préférence pour les temps gris et pluvieux… et vous conviendrez que les sorties forestières, by night et sous des trombes d’eau ne correspondent pas vraiment aux conditions habituelles privilégiées des macro-photographes. Mais voyez-vous, Salamandra salamndra se mérite !

 

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A chacune de mes rencontres, je reste surpris de la « vitesse » de déplacement de la belle : elle se meut au ralenti et ne semble pas vouloir fuir face au danger…. Ce comportement tient sans doute au fait que la salamandre possède un moyen de protection redoutable : elle sécrète une substance neurotoxique produite par des glandes situées sous la peau. En cas d’ingestion, ce liquide blanchâtre provoque de violents vomissements pouvant même conduire au décès de l’inconscient prédateur. Il convient donc d’éviter toute manipulation inopportune.

 

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La salamandre appartient à l’ordre des urodèles : amphibiens qui conservent leur queue à l’âge adulte tout comme les tritons. Elle est sans aucun doute le plus terrestre des amphibiens. Contrairement à ses cousins crapauds et grenouilles, l’accouplement de notre sujet se déroule sur le terre ferme. La gestation dure environ 8 mois. L’ovoviviparité, incubation et éclosion des œufs dans le ventre de la femelle, est une autre particularité qui la différencie des autres représentants de sa classe. C’est en mars que la belle dépose ses larves déjà formées dans des eaux dormantes de préférence. Seul le stade larvaire est aquatique. Adulte, la salamandre perd ses branchies et ses poumons se développent. Elle quitte alors son point d’eau pour gagner la forêt. A partir de ce moment, elle risque de se noyer si elle reste trop longtemps dans l’eau sans avoir pied… ou sans avoir patte !

 

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Elle consomme escargots, lombrics, limaces, araignées, toute sorte de larve et autres mille-pattes jouant ainsi son rôle dans l’écosystème.

Par ailleurs, savez-vous que derrière ce petit être se cache l’une des merveilles naturelles des plus incroyables ? En effet, la salamandre possède la capacité de régénérer ses cellules… Elle est le seul vertébré à pouvoir reconstituer des parties de son corps : membres, queue, museau, fragments d’œil et même des portions de cœur ! Une patte coupée, qu’importe : près de 4 mois plus tard, elle aura repoussé… Des recherches scientifiques tentent de comprendre le mécanisme de régénération et d’isoler le gêne à l’origine de ce miracle. Imaginez la révolution médicale d’une telle application sur l’être humain.

 

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Photos et article par : Olivier Nuguet

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